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Darde
Darde le Barde 🎻
01/03/26 12:11 - #5
  • Nain
  • Masculine
  • Taps
Darde

L’Histoire de Darde le Barde - livre premier, prologue

Darde le Barde s’ennuyait ferme en sa contrée montagnarde.
Les forges criaient, les enclumes tardaient, mais son âme battait la charade.
Il prit son luth, sa flûte d’if, sa dague bâtarde,
Et revêtit sa veste de soie outrageusement criarde.

« Qu’on me traite de fou ou de pleutre couard,
Je veux des routes larges et des destins flambards. »

Ainsi Darde quitta les cimes et leur silence blâfard,
Son barda bariolé cognant contre son dos hagard.

À peine eut-il foulé la première plaine campagnarde
Qu’une bande furibarde lui barra la route d’un rire braillard.
De vieux briscards, sales et goguenards,
Qui flairaient déjà la bourse et le poignard.

Mais Darde n’était pas qu’un chanteur paillard.
Son jeu de luth valait ses talents de lutte et d’estocade hardie.


Un accord plaqué — vif comme une hallebarde.
Un pas glissé — précis comme un traquenard.
Un trille aigu — et l’un d’eux chancela, hagard.
Une dague brilla — et le silence tomba, lourd et noir.

Quand la poussière retomba sur les corps épars,
Darde, le souffle court, contempla son œuvre sans fanfaronnade.
Il tremblait encore — non de peur, mais d’un étrange départ :
C’était la première fois qu’il tuait pour de bon, sans regard en arrière.

Il pilla les morts — nécessité plus que bravade —
Et trouva dans leurs hardes :
Une carte aux tracés singuliers, presque bâtards,
Un cor ancien, fendu mais fier comme un étendard,
Et une effigie paillarde au sourire trop fardé pour n’être que hasard.

La carte menait droit vers un brouillard épais et veule comme un remords venu tard.

Darde hésita.

Puis haussa les épaules :

« Autant suivre le fil du hasard. »

Il marcha longtemps sous le ciel blafard
Jusqu’à trouver une grotte aux entrailles luisantes et froides comme un regard.

Là, l’air vibrait d’un murmure sourd, presque criard.
Et soudain les visions l’assaillirent en un tumulte gaillard :
Déesse nue aux bras d’or pâle,
Démons goguenards festoyant en hardes animales,
Rires rauques, festins et serments bâtards.

Son cœur cogna contre ses côtes comme un tambour de guerre.
Pour la première fois, Darde songea à fuir —
À redevenir simple nain montagnard.

Mais au lieu de cela, il fit ce qu’il savait faire.
Il posa ses doigts sur les cordes.
Et chanta.

Sa glotte vibra dans la grotte de cauchemar.
Sa voix fendit la pierre comme un éclat d’arc.
Le chant n’était ni bravache ni railleur —
Il était clair, pur, presque désarmé.

Et les légions démoniaques elles déchantèrent,
Leurs ricanements s’effilochèrent en lambeaux épars.

Au fond de l’antre, là où le brouillard se faisait nectar,
Palpitait une source de magie aux reflets criards.
Un fragment d’amour ancien, éclat d’une entité nommée Neeko,
Sauvé jadis par un héros oublié — Taps
Puis perdu dans les limbes vicelards du monde et du hasard.

La lumière pulsa à son approche.
Non comme une menace,
Mais comme un appel.

Darde tendit la main.
Le fragment se logea en lui — brûlant, doux, étrange comme un regard.

Il ne cria pas.
Il pleura.

Depuis ce jour, quelque chose danse derrière ses paupières.
Ses yeux lancent des hallebardes de clarté.
Sa voix porte plus loin que le vent du nord.
Et parfois, au détour d’un accord,
Une note étrangère surgit —
Sans crier gare,

Ni tout à fait sienne,
Ni tout à fait au hasard,

Une compagnie croisa sa route quelque temps plus tard.
Ils le prirent d’abord pour l’ivrogne de service et son luth braillard.
Puis pour un éclaireur solide.
Puis pour un conseiller retors et moins bavard.

Car Darde avait changé.
Il écoutait plus qu’il ne fanfaronnait.
Il jaugeait les silences.
Il parlait peu, mais frappait juste, comme une estocade rare.

Et sans complot, sans coup d’État barbare,
Ce fut sans épée tirée,

Ni presque sans embardée,
Qu'un simple barde devint le champion de Taps, souverain de sa garde.

Edité le 01/03/26 14:11 par Darde
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01/03/26 14:11 - #6
  • Nain
  • Masculine
  • Taps
Darde

L'histoire de Darde le Barde - Livre premier, Chapitre 1

L’arrivée à la Pyramide Blanche

La lumière de du portail menant à la Pyramide Blanche s’éteignit derrière Darde comme se referme un rêve tardif,
Le nain franchit le seuil d’un pas lent, brandissant son luth en bois d'if pour accompagner son arrivée d'un air décisif.

Le sable du grand désert ardent s’étendait devant lui, vaste mer figée sous un ciel mordant,
Le vent portait l’odeur sèche du monde libre, vaste étendue sans remparts pour y vivre.

Il inspira par trois fois l’air brûlant, lourd comme un seau de poix.

Sa dague battit doucement contre sa hanche rude, lui rappelant que la musique qui l'accompagnait n'était pas prude.
La veste de soie rare frémissait sous le souffle d'un désert pas trop bavard.

Puis une présence.

Silencieuse comme la faim qui attend dans le noir.

Synthra était là, juste à la limite de l’ombre de la pyramide,
Pieds nus sur le sable, immobile, le regard dilaté comme celui d’un fauve qui guette une proie blessée.

Elle ne s’était pas cachée dans ce décor haché.

Elle attendait simplement qu’il sorte du seuil, seul sous son œil.

La peau nue pâle come un soleil voilé par les nues d'opale.

Darde fit encore un pas — un seul

Le sable coula là sous sa botte comme un murmure las.

La vampire inspira lentement, pour le pire.

Ses narines frémirent.
Ses pupilles s’ouvrirent tout rond comme des billes sans fond.

Puis elle parla, voix basse, blasée, dépouillée de toute humanité :

— Tu sens le sang.

Le mot tomba dans le silence du désert, il en glaça toute l'air.

Darde resta immobile un instant, le regard fixé dans celui de la prédatrice pâle et sans hâle.

Il ne posa pas la main sur sa dague, il ne tenta pas de riposte vague.

Car l’intensité du fragment de Neeko l'indomptable vibrait en lui d’une assurance étrange et implacable.

— Le sang ? Il m’a trouvé bien avant que je le cherche,

répondit-il sans fard ni fanfare.

Synthra pencha légèrement la tête, comme un animal qui hésite entre attaquer tout de suite ou bien prendre la fuite.

Ses lèvres s’entrouvrirent à vide, laissant passer un souffle avide.

Puis, contre toute logique de chasse ou de guerre lasse,

Elle recula d’un pas dans l’ombre des dunes.

L’instinct de la bête avide de fluides carmins avait cédé le chemin.

Car elle avait flairé, derrière le sang et la chair, une chose qui ne se boit pas, ni ne se mord, ni ne se prend.

Darde portait en lui les sables du temps.

Edité le 01/03/26 16:04 par Darde
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